Philippe Contamine

Le règne de Charles VII: être disgrâcié

Ayant assumé le pouvoir dans des circonstances les plus critiques, d'abord en tant que "filz du roy de France, dauphin de Vienne, duc de Touraine et de Berry, conte de Poitu et lieutnant general de Monseigneur [Charles VI] en son royaume" (1417), puis en tant que "regent le royaume" (1418), enfin et tant que roi de France (1422), Charles VII, de par son caractère et son âge tout comme en raison de la situation générale, est réputé avoir été pendant longtemps le jouet d'un certain nombre de favoris successifs. A la longue, malgré tout, il parvint à reprendre en main la situation dès lors que son autorité s'affirmait et que ses moyens d'action atteignaient un certain niveau. Il n'empêche que jusqu'au bout ce prince se reposa largement sur un entourage restreint de conseillers intimes détenteurs en apparence de toute sa confiance. Mais cette confiance demeurait toujours précaire, à la merci d'une disgrâce qui pouvait prendre des formes diverses.

On évoquera ici, correspondant à trois moment du règne, trois carrières de favoris, en insistant sur les modalités de leur chute: Pierre, sire de Giac (disgrâcié en 1427), Georges, sire de La Trémoille (disgrâcié en 1434), Jacques Cœur (disgrâcié en 1451).